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Nouvelles

By S. Nathalie Becquart

Par Sœur Nathalie Becquart

Le 19 septembre 2019 – Le Synode sur l’Amazonie, qui se tiendra à Rome du 6 au 27 octobre, est « notre synode d’urgence », a déclaré le Pape François. Amazonie : de nouvelles voies pour l’Église et pour une écologie intégrale se concentreront sur une région stratégique et vitale pour l’avenir de l’humanité, particulièrement pertinente et prophétique, car un nombre record de feux de forêt font actuellement rage dans les forêts tropicales du Brésil.

Le pape François est accueilli par un membre d’une tribu autochtone de l’Amazonie à Puerto Maldonado, au Pérou, le 19 janvier 2018. Le prochain Synode des évêques sur l’Amazonie est un rassemblement « urgent » pour le pape François. (Photo CNS/Alessandro Bianchi, Reuters)

J’ai récemment été nommée membre du premier groupe de femmes à servir de consultantes pour le secrétariat du synode des évêques et j’attends avec impatience la réunion d’octobre. Voici cinq choses à garder à l’esprit à l’approche du synode sur l’Amazonie.

Sœur Nathalie Becquart, lors d’une conférence de presse sur le Synode des jeunes. Elle est consultante auprès du Secrétariat général du Synode des évêques. (Photo CNS/Paul Haring)

1. Le synode se concentre sur l’Amazonie, mais il nous concerne tous, quel que soit l’endroit où nous vivons.

Le Pape a choisi de se concentrer sur l’Amazonie parce que cette immense région, qui comprend des territoires appartenant à neuf nations, est impérative à la survie de la planète. « Une grande partie de l’oxygène que nous respirons vient de là. C’est pourquoi la déforestation signifie tuer l’humanité », a déclaré le Pape François. Ainsi, ce synode nous concerne tous – en particulier les religieux, les jésuites et leurs collaborateurs qui ont une longue tradition d’engagement social et sont de plus en plus engagés dans la prise en charge de notre maison commune.

Des pompiers près de Robore, en Bolivie, recensent une zone dévastée par les feux de forêt, le 19 août 2019. (Photo CNS/Département de Santa Cruz via Reuters)

Le document de travail pour ce prochain synode a été publié en juin et est le résultat d’un processus d’écoute intense. Il a commencé par la visite du Pape François à Puerto Maldonado, au Pérou, en janvier 2018 et s’est poursuivi par de nombreuses consultations et réunions dans toute la région amazonienne, avec un souci particulier d’écoute des populations indigènes.

2. Même si le synode d’octobre dernier était axé sur les jeunes et que celui de cette année est centré sur une région géographique, il y a une grande continuité d’une année à l’autre.

Le synode sur l’Amazonie aura lieu un an après le synode sur les jeunes, la foi et le discernement professionnel. Si ces deux synodes semblent assez différents en apparence – l’un s’est concentré sur les jeunes de 16 à 29 ans, l’autre concerne une région géographique spécifique – en fait, de nombreux sujets et questions sont similaires. En effet, à travers ces deux processus d’événements ecclésiastiques majeurs, nous pouvons discerner le même appel à une Église inclusive, le même défi missionnaire d’être une présence créative et proche parmi les gens pour répondre au cri des pauvres, à celui de la terre et à la même question primordiale de l’inculturation. (L’inculturation consiste à adapter les enseignements de l’Église catholique aux cultures locales de manière compatible avec l’Évangile et à introduire ces cultures dans la vie de l’Église).

Sœur Kathryn « Katy » Webster, Sœur de Notre-Dame de Namur des États-Unis, distribue un calendrier qui fait la promotion du Synode des évêques sur l’Amazonie à des agriculteurs d’un secteur rural près d’Anapu, au Brésil. (Photo CNS/Paul Jeffrey)

Je crois qu’il y a une véritable continuité entre les deux synodes que l’on pourrait appeler « synodalité missionnaire » : Nous sommes appelés à être une Église qui écoute, une Église en dialogue, une Église missionnaire, une Église accueillante, une Église participative, une Église créative, une Église harmonieuse, une Église interculturelle, une Église engagée avec les plus pauvres qui lutte contre les injustices.

3. Le Pape François considère la synodalité comme une clé pour renforcer la réforme de l’église.

La synodalité est une forme de collégialité qui implique un processus de discernement commun – une écoute commune de l’Esprit dans la recherche d’un consensus autour d’objectifs basés sur la mission. Depuis son élection, le Pape François a souligné que la synodalité est un appel fort de l’Esprit : « Le monde dans lequel nous vivons, et que nous sommes appelés à aimer et à servir, même avec ses contradictions, exige que l’Église renforce la coopération dans tous les domaines de sa mission ». D’une certaine manière, la synodalité est une propriété constitutive de l’Église, qui découle de la nature de celle-ci en tant que communion enracinée dans le mystère trinitaire.

L’instrument du synode des évêques a été créé par Paul VI après le second concile du Vatican, mais le Pape François veut clairement le souligner comme une clé pour renforcer la réforme de l’Église. L’objectif est de mettre en œuvre la transformation missionnaire urgente de l’Église afin que nous puissions nous concentrer davantage sur l’aide périphérique.

4. La synodalité ne concerne pas les conversations qui ne mènent nulle part. C’est une question de mission.

La synodalité, parce qu’elle est fondamentalement missionnaire, doit être développée non pas principalement pour des raisons d’organisation interne mais pour répondre aux appels provenant de la lecture des « signes des temps » à travers un processus de « voir, juger, agir ». Pour le Pape François, une Église synodale est « comme un étendard élevé parmi les nations (cf. Is 11,12) dans un monde qui – tout en appelant à la participation, à la solidarité et à la transparence dans l’administration publique – confine souvent le sort de peuples entiers à la portée de groupes petits mais puissants ». En tant qu’Église qui « chemine ensemble » avec des hommes et des femmes, partageant les travaux de l’histoire, nous nourrissons le rêve qu’une redécouverte de la dignité inviolable des peuples et de la fonction d’autorité en tant que service puisse également aider la société civile à se construire dans la justice et la fraternité, et ainsi permettre aux générations futures d’accéder à un monde plus beau et plus humain ».

Une jeune fille d’Anapu, au Brésil, tient une affiche distribuée par des sœurs catholiques pour annoncer une réunion sur l’environnement et le féminicide, en vue du Synode sur l’Amazonie. (Photo CNS/Paul Jeffrey)

5. En raison de l’importance qu’ils accordent au discernement communautaire, les jésuites et leurs collègues laïques ont un rôle majeur à jouer dans la promotion de la synodalité au sein de l’Église.

Le pape François reçoit une lettre de Yadira Vieyra, déléguée au Synode des jeunes et diplômée de la Cristo Rey Jesuit High School de Chicago et de l’Université de Georgetown. (CNS photo/Vatican Media)

Étant particulièrement attentifs à ces caractéristiques de l’Église synodale en raison de leur charisme qui met l’accent sur le discernement communautaire, les jésuites et leurs collègues ont un rôle majeur à jouer dans la mise en œuvre de la synodalité à tous les niveaux de l’Église. Il n’est pas surprenant que les jésuites aient été appelés à prendre une part active dans les récents processus synodaux. Chaque partenaire ignatien est appelé à partager le don du discernement avec le peuple de Dieu afin que nous puissions tracer une voie à travers ces temps changeants et ce monde complexe.

Par Sœur Nathalie Becquart, xmcj, consultante auprès du secrétariat général du synode des évêques.