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Ordinands de 2024

Curtis McKenzie, SJ

Province : Canada

Ville d’origine : Saskatoon (Saskatchewan)

Faits saillants de sa formation jésuite :  

  1. Il a fait deux fois les grands Exercices spirituels.
  2. Il a fait un pèlerinage de 40 jours pour vivre avec les appauvris.
  3. Il a rencontré des gens incroyables et noué des amitiés durables.

Après l’ordination :  
Il va continuer son doctorat en théologie à l’Université Fordham tout en complétant une licence en théologie à Boston College.

Curtis montre à son confrère théologien le père Bill McCormick, un jésuite texan, comment se servir d’une souffleuse.

Études :  
Baccalauréat en commerce, University of Saskatchewan; maîtrise en études théologiques, University of Toronto; maîtrise en théologie pastorale et baccalauréat en théologie, Regis College, University of Toronto

Curtis au sommet du mont Xoxote, qui surplombe Loyola, en Espagne, avec un confrère jésuite. Ils ont gravi 40 000 marches pour arriver au sommet où les attendait saint Ignace.

En quoi votre spiritualité a-t-elle évolué depuis votre entrée dans la Compagnie ?
Exercer le ministère dans l’une des 23 Églises catholiques orientales, notamment dans l’Église catholique ukrainienne qui est ancrée dans la tradition byzantine, présente des défis et des opportunités uniques pour un jésuite. L’un de ces défis, c’est que la spiritualité des jésuites – « ignatienne » dans ce qu’elle reçoit de saint Ignace de Loyola et « jésuite » dans ce qu’elle doit aux Constitutions et aux Congrégations générales — s’aligne avant tout sur le catholicisme romain et sur l’évolution de la spiritualité en Occident.

Il est certain que la spiritualité byzantine et la spiritualité romaine ont beaucoup en commun. À commencer par la foi en un Dieu trinitaire, en Jésus Christ, en l’Église, en ses saints mystères que nous appelons aujourd’hui sacrements, et en des textes sacrés tels que la Bible. Mais elles présentent aussi de grandes différences. L’Église romaine a des dévotions comme le chapelet et l’adoration du Saint Sacrement. Les Églises catholiques orientales, en particulier celles qui sont d’origine byzantine, ont des dévotions iconographiques, la prière de Jésus… sans oublier l’usage abondant de l’encens ! Mais ce qui distingue avant tout ma spiritualité, c’est l’effort de dépasser les catégories d’Orient et d’Occident. Comment couper avec le matérialisme ? Où est la vérité de notre souffrance ? Que signifie exactement la liberté ? Quel est le lien entre cette liberté et notre bien-être spirituel ? Avec l’amitié ? Avec la famille ? Avec la vie en général?

Au début de mon parcours, ma spiritualité était semée de « nouvelles rencontres ». Quelque chose de réel se présentait à moi et je souhaitais comprendre ce qu’était cette réalité. J’ai cru parfois y arriver. Mais avec le temps, j’en suis venu à moins essayer de comprendre que d’entrer : entrer dans une relation profonde avec Dieu tel qu’il est, et non pas avec Dieu tel qu’on le caractérise. Il fallait donc accepter non seulement les valeurs de Dieu – comme la pauvreté, l’humilité et les insultes (en particulier les insultes) – mais aussi la réalité de Dieu. Suivre le chemin du Christ n’était pas une activité, un temps de prière ou une liturgie. C’était avant tout un mode de vie, et c’est devenu, de plus en plus, la vie tout court. La prière, la piété et la liturgie font nécessairement partie de cette vie, mais pour moi, la vie est plus que la somme de ces éléments fonctionnels.

C’est un beau cadeau, mais un itinéraire difficile. Il ne s’agit pas tant d’apprendre à connaître Dieu que d’apprendre à me connaître tel que Dieu me voit, afin d’entrevoir Dieu tel qu’il est.