« Pendant environ trois ans, j’ai travaillé à l’initiative Kino Border et j’ai accompagné des migrants, des personnes expulsées, des demandeurs d’asile et des réfugiés à la frontière sud, à Ambos Nogales. L’une des histoires qui m’ont le plus marqué est celle de Jairo. Le voir franchir son périple migratoire, partager ses espoirs, ses rêves, son expérience de mort imminente, sa foi profonde et sa fidélité jusque dans les moments les plus difficiles m’a rapproché du Christ. »
Il ira soutenir l’initiative Kino Border à Nogales, en Arizona, pendant quelques mois à l’automne, avant d’aller travailler à la paroisse Notre-Dame-de-Guadalupe de San Diego tout en aidant le centre paroissial Pape-François, qui accompagne les migrants.
Baccalauréat en sociologie, University of California, Los Angeles ; maîtrise en ressources philosophiques, Fordham University ; maîtrise en administration des affaires, Fordham University ; maîtrise en théologie pastorale et licence en théologie, Boston College Clough School of Theology and Ministry.

Pendant environ trois ans, j’ai travaillé à l’initiative Kino Border (KBI) et j’ai accompagné des migrants, des personnes expulsées, des demandeurs d’asile et des réfugiés à la frontière sud, à Ambos Nogales. L’une des histoires qui m’ont le plus marqué est celle de Jairo. Il est arrivé à la KBI en mars 2023. Cet Autochtone de La Guajira, au Venezuela, a demandé l’asile au poste-frontière de DeConcini, à Nogales, dans l’État de Sonora. Il m’a parlé de sa femme enceinte, de ses enfants et de sa famille restée au pays : il espérait subvenir à leurs besoins, une fois entré aux États-Unis.
Ses espoirs furent anéantis par les portes métalliques rouillées et closes du point d’entrée. Désespéré, il décida de tenter sa chance à Ciudad Juárez, au Mexique. Finalement, il m’envoya un message pour m’annoncer qu’il avait été placé en détention dans un centre d’immigration à Juárez et qu’il était sur le point d’être expulsé par les autorités mexicaines.
Je n’ai cessé de prier pour lui et sa famille. Puis j’ai appris qu’un centre de détention pour migrants à Ciudad Juárez avait pris feu et qu’une quarantaine de migrants étaient morts.
Finalement, Jairo m’a appelé d’un numéro inconnu. Il m’a raconté qu’une heure avant l’incendie du centre de détention, lui et une trentaine d’autres migrants avaient été embarqués dans un bus d’expulsion à destination de Mexico. Il rendait grâce à Dieu d’être en vie. Accompagner Jairo, c’était comme accompagner le Christ. Le voir franchir son périple migratoire, partager ses espoirs, ses rêves, son expérience de mort imminente, sa foi profonde et sa fidélité jusque dans les moments les plus difficiles m’a rapproché du Christ.